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HLBI Hanoiou-lec’hiou Breiz Izel

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8.02 Le K-barré et d’autres abréviations employées pour les toponymes bretons

Le K-barré est une abréviation très employée dans les formes documentaires historiques des toponymes bretons commençant par Ker- (réduction en position prétonique du mot kêr ‘habitat, hameau’). Nous nous contenterons ici de récapituler les points saillants concernant l’histoire et l’origine du K-barré raconté dans une œuvre concise mais très informative, Le K barré: lettre interdite (2025) de Yann Riou & Jacques André.

Mais avant de traiter son emploi, nous donnerons quelques détails techniques quant au symbole que nous avons choisis pour représenter le K-barré dans le HLBI. Avant la généralisation de la disponibilité de symboles alphabétiques au-delà des lettres latines dans le logiciel Microsoft Word en l’an 2000 (basée sur la codification Unicode), on avait souvent recours à l’emploi de K/ (un k-majuscule suivi d’une barre oblique /) pour symboliser le K-barré, donc on écrivait K/goat, à titre d’exemple (avec les machines à écrire, on pouvait superposer la barre oblique sur le k-majuscule). Pour le K-barré, nous avons choisi les symboles unicodes suivants : Ꝃ (= Unicode A742) et son pendant miniscule (bas-de-casse) ꝃ (= Unicode A743). Le besoin d’un pendant minuscule du K-barré reflète la non-standardisation de la majusculation qu’on rencontre pour les noms de lieux dans les manuscrits de l’Époque moderne précoce.

Nous avons aussi éprouvé le besoin d’une symbolisation de l’abréviation pour un un K-barré qui ressemble plus à un Q-barré. Pour cela, nous avons choisi les symboles unicodes suivants : Ꝙ (= Unicode A758) et son pendant minuscule ꝙ (= Unicode A759), bien que l’adéquation entre ces symboles choisis et ce que nous trouvons dans les manuscrits n’est qu’approximative : confrontez Ꝙ avec l’exemple manuscrit dans l’illustration ci-dessous. Cependant, l’abréviation que nous écrivons Ꝙ  est bien une des évolutions du K-barré, comme le montrent Riou & André (19-20), une évolution qui dès la fin du XVIe siècle commence à prendre une forme beaucoup plus cursive et de ressembler plus proprement à Ɛꝯ ligaturé qu’au Ꝃ. 1Contraints par les limites imposées par la gamme de symboles que nous offre Microsoft Word, nous avons  – faute de mieux  – recouru à placer deux symboles côte-à-côte pour donner Ɛꝯ, ces deux symboles étant Unicode 0190 & A76F. Cette évolution distinctive du K-barré nous la baptisons le Q-barré, puisque au début du XVIIIe siècle il ressemble à la lettre Q. Il se peut que cela ne soit pas une évolution fortuite, car nous avons remarqué qu’il se produisa une tendance aux débuts de la décennie 1680, dans les manuscrits inventoriant les noms de lieux en Basse-Bretagne, de remplacer Ker- par Quer-. Cette tendance nette dans les habitudes graphiques, qui peut être comprise comme une volonté plus poussée de francisation, suit de quelques années la révolte des Bonnets Rouges de 1675, révolte qui fut particulièrement farouche dans la Bretagne bretonnante. L’emploi de Quer- au lieu de Ker- dans les documents se perpétue mais va en s’atténuant durant la première moitié du XVIIIe siecle, et il n’est donc pas étrange que le K-barré cursif préexistant commence à ressembler de plus en plus à la lettre Q. Comme pour la fluidité dans l’emploi de Quer- ou de Ker- à cette époque, il existait aussi une certaine fluidité dans l’emploi du K-barré propre et de ce que nous appelons le Q-barré, fluidité qui est parfaitement illustrée dans la rôle de capitation de la paroisse de Plouay (Morbihan), en 1718 où l’on trouve – indifféremment –, soit Ꝃ-, soit Ꝙ-, sans qu’il n’y semblerait avoir aucune raison sous-tendant le choix de l’une ou l’autre de ces abréviations.

Ꝃsperne et Ꝙgarnic pour Tcherspern et Tchergarnidj dans la rôle de capitation de 1718 pour Plouay (Morbihan)
Le développement et l’emploi du K-barré (Ꝃ)

Le K-barré se retrouve dans les documents écrits en Bretagne depuis 1300 jusqu’en 1914, surtout pour les toponymie, et à un degré moindre pour les noms de famille (dont plusieurs proviennent de toponymes). Il s’employait presque exclusivement à l’initiale, et des rares exemples attestés dans des noms de familles comme : goeletꝃ 1536 pour goeletker | du cotzꝃ 1544 pour du cotzker ne se retrouvent plus après 1700 (90). En fait, d’après les formes documentaires de Gouletkêr et de ar Gosker (Logonna-Daoulas 29), allant du XVIe siècle à nos jours, l’ecriture du –ker pour le dernier composant au  XVIe siècle est remplacé par –quer dès le XVIIe siècle (avec un retour officiel récent de Ker au milieu du XXe siècle pour le premier toponyme, opéré dans le sillage de la tendance moderne de la rebretonnisation des toponymes bretons).

POSTÉ le 25.08.2026.

Notes[+]

Notes
↑1 Contraints par les limites imposées par la gamme de symboles que nous offre Microsoft Word, nous avons  – faute de mieux  – recouru à placer deux symboles côte-à-côte pour donner Ɛꝯ, ces deux symboles étant Unicode 0190 & A76F.

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Paléographie

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  • 8.02 Le K-barré et d'autres abréviations employées pour les toponymes bretons