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HLBI Hanoiou-lec’hiou Breiz Izel

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6.06 Voyelles centralisées [inachevé]

Voyelles centralisées et le breton

Les francophones ont du mal à cerner la centralisation vocalique des syllabes finales inaccentuées en breton, et mêmes les descriptions  phonétiques du breton ont eu tendance à négliger – parfois complètement, parfois partiellement – l’existence de voyelles réduites dans cette langue. Pourtant la réduction et la centralisation des voyelles des syllabes finales inaccentuées en breton est un trait majoritaire dans l’espace linguistique breton comme le montre la carte ci-dessous :

Comme on le voit le manque de centralisation de la voyelle finale inaccentuée dans le cas du suffixe singulatif –enn n’est pas caractéristique du Haut-vannetais, ni – dans l’espace KLT – le Léon, des bandes étroites de la Cornouaille aux confins du Léon (bordant le Queffleuth et la Baie de Morlaix, bordant l’Elorn), le Cap profond avec l’île de Sein, et Douarnenez. Nous croyons, mais à titre provisoire en attendant une documentation plus abondante, que certaines communes sont divisées, comme celle de Plougastel-Daoulas où les populations habitant en face de l’Elorn prononcent [ɛ], tandis que ceux du sud-est vers Lannvrizėn prononcent le schwa [ə]. On peut imaginer que les prononciations des voyelles finales inaccentuées étaient mixtes dans le bourg même de Plougastel, mais un autre fait, le remplacement du breton par le français au niveau véhiculaire depuis 1950 complique la tâche du descriptiviste du breton de nos jours. Aujourd’hui, mêmes des personnes élevées avec un breton qui contenait des voyelles finales inaccentuées centrales auront tendance à migrer vers des prononciations à voyelles ‘pleines’ plus acceptables pour le français, donc il faudra distinguer dans ces contextes syllabiques, les prononciations en [ɛ] qui sont effectivement traditionnelles des prononciations en [ɛ] qui résultent d’une accommodation avec la prononciation du français. En fait, même les [ɛ] traditionnelles en syllabes finales inaccentuées des Léonards sonnaient ‘français’ aux oreilles des bretonnants trégorrois et cornouaillais 1Je tiens la véracité de cette affirmation concernant le jugement des Trégorrois sur l’accent des Léonards à Jean Le Dû et à Steve Hewitt. À contrario, le cornouaillais – où la centralisation vocalique des syllabes finales inaccentuées est le plus poussée – les dialectes sonnent plus ‘allemands’ ou ‘anglais’ aux oreilles des francophones. Il y a d’autres faits phonétiques qui contribuent à cette impression commune du teneur de l’accent cornouaillais, notamment la qualité des r-prévocaliques, mais c’est la centralisation de ces voyelles finales ianccentuées, suivi d’une amenuisement progressive jusqu’à l’amuïssement complet de ces voyelles, qui constituent l’illustration la plus parfaite de la force de l’accentuation pénultieme dans ces dialectes.

La centralisation de voyelles est un résultat poussé des effets de l’accentuation pénultième

On connait l’accentuation pénultième des mots comme un trait caractéristique des langues néo-brittoniques (le gallois, le cornique, le breton KLT). 2Nous écartons ici la question intéressante des autres accentuations que l’accentuation pénultième que l’on trouve dans la Zone Mixte Intermédiaire et le Vannetais. Pourtant le simple titre d’ ‘accentuation pénultième’ masque des différences qui ne sont pas minimes.

En gallois, l’accentuation pénultième ne concerne que l’intensité (et la longueur dans les contextes consonantiques favorables), mais est en équilibre avec une accentuation d’intonation montante finale dans les contextes pausaux (#), c.-à-d. le mot caled ‘dur’ se prononce ˈka·lɛ͗d#, ce qui sonne encore plus français que son cognat léonard kaled ˈka·lɛd̥# (mais hors contextes pausaux, quand le même mot est suivi d’un autre mot dans la chaîne de l’énoncé, la prononciation du mot gallois ressemble beaucoup plus à son cognat léonard, p. ex. : caled iawn ˌka·lɛd ˈjawn ‘très dur’). Grâce à cette intonation sur la syllabe finale, le gallois ne montre plus au moins aucune tendance à réduire la qualité vocalique des syllabes finales, sauf pour le phénomène de l’abaissement du [ɛ] pour donner [a], dans une large zone du nord-ouest et une zone assez étendue au sud-est.  Nous trouvons donc que caled devient calad dans ces régions (précisément ˈkalad au nord-ouest, ˈka·lad au sud-est), mais avec l’avancement de la pénultieme dans les dérivés nous trouvons partout la prononciation caletach ‘plus dur’ (prononcé kaˈlɛtaχ. au sud, ˈklɛtaχ au nord).

Le cornique est un cas plus difficile à traiter dans la mesure que la langue a cessée d’être parlée avant la fin du XVIIIe siècle, donc nous ne pouvons conclure que sur la base d’écrits historiques existants de cette langue (la prononciation des toponymes corniques et des survivances dans le dialecte anglais du Cornwall étant susceptibles d’êtres compromis par leur transmission bicentenaire par biais de la langue anglaise, devenue l’unique langue véhiculaire même dans les fins fonds du Cornwall dès avant 1800). Ce qui suit est un résumé très bref d’études restées manuscrites menées par cet auteur sur la prononciation du cornique tardif (angl. Late Cornish) vers l’an 2000. Pour l’accentuation primaire en cornique il n’y a aucun débat chez les spécialistes, elle était sur la syllabe pénultième. Par contre, la part de l’intonation dans le système accentuel cornique tardif n’est pas claire. 3Nous esquivons la question de la longeur vocalique qui aurait existé à l’origine en syllabes pénultièmes, les spécialistes pensent qu’il y a eu un écourtement de la longueur vocalique pénultième depuis le moyen cornique [REFS], ce qui pourrait, soit révéler une influence externe de l’anglais sur le cornique, soit être un développement interne comme en gallois du nord.. En fait les écrits corniques tardifs (depuis 1600) montrent clairement une réduction vocalique dans les syllabes finales inaccentuées, la grande majorité des e en syllabes finales inaccentuées sont écrits a en cornique tardif, p. ex. : moy-corn. casek | gwethen | bruder | dyweth | tn. Moelvre deviennent corn-tard. kazak | guedhan | bredar | dûadh | Mulvra (cf. br. kazeg | gweƶenn| breur | diveƶ | (Menė) Mollė (Berrien), Molvre en 1691). Est-ce que cet a en cornique tardif veut dire [a], ou, est-ce que cela veut dire le schwa [ə] ? Nous penchons pour le schwa puisque nous trouvons d’autres faits assez indicatifs qui montre que les changements vocaliques dans les syllabes finales inaccentuées ne sont pas restreint à la voyelle e mais a un rayon d’action plus large : colan | zethar (moy-corn. colon | sethor & br. kalon | sêzour). Ce qui plus est, nous trouvons aussi des signes d’amuïssement des syllabes finales inaccentuées : yÿnk (cf. moy-corn. yowynk & br. yaouank) & | moos (cf. moy-corn. mowes & br. maouez) | hearn (< angl. herring)| kÿntl  (br. kuntuilh, gall. cynnull).

 

, a manuscript of the Welsh Hymn (c.1618) has E. mother, father written as mwdyr, ffadyr [Dobson 1968: 868, 891], and Salesbury (1547) wrote both the <o> in season, and the <e> in paper as <y> [Dobson 1968: 868, 871].

Nous voyons donc que l’existence d’une accentuation pénultieme primaire en gallois et en cornique, langues sœurs du breton, masque des différences accentuelles secondaires ainsi que leurs effets sur le vocalisme des syllabes finales inaccentuées selon les langues et selon les dialectes. CONTINUE/EXPAND.

 

Divers degrés de la centralisation

La présentation des symboles vocaliques par l’API a subie une évolution lente depuis le début formel de l’Association en 1897. Le principe de classifier les voyelles d’après la hauteur de l’arche de la langue dans la cavité buccale, principe énoncé par l’Écossais Melville Bell (1819–1905) dès 1867, fut reconnu avant le milieu des années 1880 par des phonéticiens réputés tels que l’Anglais Henry Sweet (1845–1912) et le Français Paul Passy (1859–1940) .

Néanmoins, le facteur le plus déterminant qui a régit la systématisation des voyelles fut mise en place par le phonéticien anglais Daniel Jones (1881–1967) dans son English Pronouncing Dictionary (1917) ou il présenta un schéma d’une trapezoïde ou quadrilatère vocalique qui suggérait l’espace vocalique bornée par des voyelles dites ‘cardinales’ qui étaient censées représenter la limite extrême du mouvement de la langue dans toutes les directions.

Noter l’addition de [ɘ ɞ] au répertoire officiel de l’API en 1993 pour donner un ensemble plus complet de symboles vocaliques para-centrales [Collins & Mees 1999 : 426]. 4L’ensemble de symboles vocaliques para-centrales [ɘ ɜ ɵ ɞ] existait comme [ë ɛ ö ɔ] depuis (le [ɞ] était [ʚ] jusqu’en 1993, mais ceci fut changé au symbole [ɞ] en 1996).

Depuis 2005, l’API a reconnu cinq voyelles centralisées en plus de la voyelle centrale originale [ə]. La voyelle centrale est également connue sous le nom de schwa et, de manière informelle, les phonéticiens anglophones ont adopté schwee ou schwi comme terme pour la voyelle centrale tendant vers [i] et schwoo ou schwu pour son homologue tendant vers [u] (Lindsey 2012). Schwee et schwoo semblent avoir été identifiés à [ᵻ] et [ᵿ] respectivement, mais je pense qu’il est plus utile et plus logique de l’appliquer aux voyelles centralisées qui entourent la voyelle centrale [ə]. Conformément à l’origine allemande de schwa, je propose schwih pour [ɘ], schwuh pour [ɵ], schweh pour [ɜ], schwoh pour [ɞ] et schwah pour [ɐ] avec le h-final de ces noms sonores permettant de différencier la voyelle centrale tendant vers [a] (schwah) de la voyelle centrale neutre [ə] (schwa).

     A good examples of schwih [ɘ] is the Donegal Irish Gaelic short <i(o)> vowel. Good examples of schwuh [ɵ] is the Donegal Irish Gaelic short <ú> in final unstressed vowels gasúr ‘boy’, and emerging vowel in south-eastern English could. A good example of schwah [ɐ] is the pronunciation of dull <u> in south-eastern English (too often transcribed [ʌ]).

Notes[+]

Notes
↑1 Je tiens la véracité de cette affirmation concernant le jugement des Trégorrois sur l’accent des Léonards à Jean Le Dû et à Steve Hewitt
↑2 Nous écartons ici la question intéressante des autres accentuations que l’accentuation pénultième que l’on trouve dans la Zone Mixte Intermédiaire et le Vannetais.
↑3 Nous esquivons la question de la longeur vocalique qui aurait existé à l’origine en syllabes pénultièmes, les spécialistes pensent qu’il y a eu un écourtement de la longueur vocalique pénultième depuis le moyen cornique [REFS], ce qui pourrait, soit révéler une influence externe de l’anglais sur le cornique, soit être un développement interne comme en gallois du nord.
↑4 L’ensemble de symboles vocaliques para-centrales [ɘ ɜ ɵ ɞ] existait comme [ë ɛ ö ɔ] depuis (le [ɞ] était [ʚ] jusqu’en 1993, mais ceci fut changé au symbole [ɞ] en 1996).

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Questions de Phonétique

  • 6.01 Symboles phonétiques
  • 6.02 Quantité et durée phonétique [non entamé]
  • 6.03 L'accentuation [inachevé]
  • 6.04 L'espace vocalique
  • 6.05 Geoff Lindsey 'L'espace vocalique' 2013
  • 6.06 Voyelles centralisées [inachevé]
  • 6.07 Diphtongues et hiatismes [non entamé]
  • 6.08 Que représente un symbole phonétique ? [inachevé]
  • 6.09 La question de la représentativité de données linguistiques recueillies
  • 6.10 Qu'apporte l'approche dynamique à la phonétique ? [inachevé]
  • 6.11 Le besoin de rationaliser les maintes conventions phonétiques du breton [non entamé]
  • 6.12 Esquisse des descriptions phonétiques des dialectes du breton [non entamé]
  • 6.13 La question des transcriptions phonétiques fautives [non achevé]
  • 6.14 L'importance de 'la règle Loth' [inachevé]
  • 6.15 Le français-bretonnant [inachevé]
  • 6.16 La variation des 'rhotiques' fricatives en breton
  • 6.17 La variation des rhotiques 'propres' en breton [inachevé]
  • 6.18 La variation des fricatives gutturales fortis en breton [non entamé]
  • 6.20 Tableaux phonétiques API interactives corrigées